Cela fait des années que l'idée de décoller pour voir l'aurore en paramoteur me trotte dans la tête.
Les conditions pour y parvenir sont en réalité peu nombreuses : un ciel annoncé sans trop nuage (euh oui, c'est préférable) et un lever de soleil pas trop tôt (ex : en été à 5h00, je ne suis pas sûr d'être suffisamment motivé pour y aller).
Hier, c'est décidé : à moi de profiter de l'occasion qui doit se présenter demain enfin aujourd'hui quoi. C'est pas clair ? 🤪 .
Ce matin, je suis réveillé bien avant la sonnerie du réveil. Motivé ? c'est fort probable. Un peu dingue ? à vous de voir.
Pendant ma préparation à la maison, je fais abstraction de la nuit qui règne au delà des fenêtres. J'avoue qu’imaginer voler alors qu'il fait nuit me déstabilise un peu.
Un coup de baguette magique et me voici sur le terrain à installer mon matériel dans une pénombre qui ne facilite pas les choses, la Lune étant timide ce matin. Maintenant, il ne s'agit pas de perdre de temps au risque de louper ce lever de soleil aérien tant attendu. Je m'en voudrais si quelques minutes venaient à manquer. Dans ces moments-là, méthode et efficacité sont les maitres mots.
Pour la température, c'est l'hiver pardi ... je ne sentirai pas de différence entre le sol et les airs !
Sous mes multiples épaisseurs de vêtements et mes gants chauffants réglés à fond (là, je les apprécie déjà et encore plus pour la suite), s'ensuit un rapide préchauffage du moteur (hors de question de réveiller toute la campagne), je décolle à 7h05 dans une légère pénombre, sans le soleil.
Théoriquement, j'aurais pu décoller 30 mn avant le lever du soleil mais il ne faut quand même pas exagérer.
Cette impression de voler dans un ciel dégagé mais dépourvu de soleil est nouvelle et franchement étrange. Si les astres ne se sont pas détraqués durant la nuit, le soleil devrait arriver d'ici quelques minutes.
Là, je vous ai mis toutes les photos (j'ai mitraillé sévère !)
Quel plaisir !
Avec les yeux grands ouverts, la petite nuit précédente et le froid matinal s'envolent face à cet instant.
A partir de ce moment, c'est le début du vol contrairement au coucher du soleil qui en annonce inévitablement la fin proche.
Ma voile détrimmée à fond, je remonte le léger vent face au soleil. Comme combinaison sens du vent / soleil, c'est parfait pour ne pas avoir une vitesse trop importante et profiter ainsi du spectacle tranquillement.
Le froid ne m'atteint pas ce qui me permet d'envisager de voler encore un bon moment d'autant plus que, ce coup-là, le réservoir est presque plein !
Les éoliennes de Dye sont également endormies veillant sur un lambeau de brume preque à leur pied. Ont-elles froid qu'elles ne tournent pas ?
Bien en dessous de moi, j'aperçois un beau groupe d'oiseaux tournant et prenant de l'altitude.
Je les surveille pour éviter une éventuelle collision.
Je ne saurai jamais quels sont ces oiseaux (pas des grues car ils plus petits) mais je suis surpris par leur rapide montée.
Bon, là ok, c'est flou mais ce sont bien les oiseaux que j'ai croisés. Mais non, ils ne vont pas si vite que ça ...
Même si le léger vent du nord-est se fait sentir, j'avance à une vitesse suffisante pour continuer à profiter dans toutes les directions de ce vol unique (un peu comme chaque vol d'ailleurs ...).
Ligny-le-Châtel
Utile pour recharger ses batteries ! Il faut juste trouver la bonne prise et le bon transformateur. Sinon ... grrriiii
En y regardant de près, le sol est encore blanchi par le gel.
Il s'est passé presque une heure durant laquelle je n'ai pas vu le temps passé. Je rejoins alors tranquillement le terrain.
Une fois au sol, le constat est simple : il me reste assez de carburant pour enchainer un second vol.
Mon estomac absorbe aussi sa part de carburant avant de redécoller.
Je me demande ce que ces quelques chevaux (enfin retrouvés depuis mon dernier vol) peuvent trouver à manger.
Il fait toujours aussi bon, l'air est lisse, je vole simplement en profitant encore de ces très agréables moments aériens.
Contrairement en vol, les photos ne montrent pas réellement comment la fumée de l'usine s'étale sur des km.
Bon allez, le niveau de carburant baisse quand même suffisamment pour envisager un retour.
Donc, j'atterris, pose la voile, je ne me détache pas (une intuition ?), puis regarde le niveau de carburant, le ciel ... oh oh ... un troisième vol ?
Allez Franck, tu ne vas pas rester là ! Car entre l'inconnue météo, le couvre-feu à 18h et d'éventuelles restrictions qui pourraient nous tomber dessus, aucune hésitation : GO GO GO !
Un coup de lanceur du moteur, montée de la voile face à moi et hop c'est reparti pour un tour.
Le ciel continue à être très accueillant.
Je croise un vol de grues qui part vers le nord.
Bon, maintenant, il faut penser à atterrir car le niveau apparait bas dans le miroir.
Une fois au sol, je constate que j'aurais pu prolonger encore un peu ce dernier vol mais ma tête remplie d'images en a déjà bien profité pour envisager sereinement de remballer le matériel.
Je l'avoue : je pense que si l'occasion se représente, je recommencerai surtout si quelques nuages bas ou brouillard percés à laisser voir un ciel bleu s'inviteraient au spectacle ...
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